ça y est c'est vu - et pas en 3D, il y avait un monde fou!
Tim Burton aura au moins eu le mérite d'intéresser les français à une oeuvre qu'il ne connaissent qu'à travers Disney. Je suis sûre que dans la salle je devait une des rares à pouvoir faire le lien avec toutes les références - noms, mot-valises, poèmes... - directement issus de l'univers de Carroll.
En sortant, mon homme a entendu des jeunes qui disaient "au fait c'est qui qu'à écrit le livre?" "aucune idée!". Mais bon, nous n'avons pas en France la même proximité avec Alice que les anglo-saxons. Nous, nous avons eu les albums Disney pour grandir, eux avaient le livre original et les illustrations de Tenniel sur leur table de chevet.
Sinon, le film est plaisant, mais quel manque de panache et de créativité quand on s'appelle Tim Burton
Je salue en tout cas le travail des scénaristes qui ont vraiment essayé de créer une nouvelle histoire en cohérence avec les épisodes originaux - mis à part toute la partie hors pays des merveilles qui est à milles lieux des Liddels et de Dodgson, mais ce n'est pas si important - et en particulier le soin donné à n'utiliser que des personnages déjà existants, du valet de coeur jusqu'au Bandersnatch.
!! ATTENTION SPOILER !!
Et encore une référence - clin d'oeil que nous seront peu de français à saisir: le parchemin prophétique annonçant la fin du Jabberwocky... reprend cette image de Tenniel 

Et maintenant ça parait tellement évident que ce vaillant soldat est Alice!
Johnny Depp me semble très fade, et c'est un peu inutile de rapprocher autant Alice et le Chapelier, alors que le grand absent de ce film.. c'est notre cavalier blanc - Dodgson!
Et le deuxième grand absent - moins flagrant mais ça suinte de partout... c'est l'enfant. Quelle émotion pendant le film quand Alice s'est rappelée ses premiers voyages au pays des merveilles, de voir ces flashbacks familiers et plein de fraîcheur sur sa bouille d'enfant!
Il est tellement difficile de donner corps à l'écran à une Alice - si courageuse, si sage, presque adulte malgré elle dans le livre. J'ai le souvenir de Tina Majorino tellement conventionnelle, transparente, un peu comme l'Alice de Tenniel et de Disney...

Pourtant je suis certaine que Dodgson voyait son Alice riante, pleine de vie, joueuse, dynamique. Malgré toutes les épreuves qu'il fait subir à sa petite héroine qui est bien obligée de faire face avec sérieux, Alice est une enfant. Et c'est cette Alice, à l'instar de Tina Majorino, de Disney et même de Tenniel, que j'ai entre-aperçu avec émotion pendant le film, durant ces quelques minutes de flashback.
Et je ne vois pas l'intérêt d'une Alice de 19 ans - sinon scénaristique puisque qu'Alice est déjà allée deux fois au pays des merveilles et que la fois d'avant elle était déjà adolescente.
En résumé, c'est un bon film à voir, mais ce n'est toujours pas LE film du pays des Merveilles et c'est sûrement l'un des moins bon films de Tim Burton - qui semble ne s'être absolument pas investi dedans.